Dans le milieu de la nuit (comme dans d'autres d'ailleurs), on n'arrête pas de réinventer la roue. Dix ans après sa fermeture (pour cause de spectacles devenus trop ringards), la Garçonnière, haut lieu des nuits genevoises de 1975 à 1995, reprend du service. Bon d'accord, le cabaret ne rouvre pas dans ses anciens locaux de la place Bémont, dans la vieille ville de Genève. Mais juste en dessous, au numéro 6 de la rue de la Rôtisserie.
Antoine Macheda et Eric Béguelin, tous deux biens connus de la vie nocturne genevoise, ont décidé de se lancer dans l'aventure. «La Garçonnière, c'est toute ma jeunesse», se souvient Antoine Macheda, 54 ans, l'ancien coiffeur et ami de Dalida, qui possède plusieurs boîtes (dont le White'n Silver) et bars dans la Cité de Calvin. C'était aussi l'endroit où Joseph Gorgoni, alias Marie-Thérèse Porchet, a fait ses premiers pas sur scène, en imitant Nina Hagen et Klaus Nomi!
«Aujourd'hui, les gays ne veulent plus se retrouver dans un lieu ghetto»
Eric Béguelin, futur patron de la Garçonnière
La Garçonnière version 2008 va s'installer début septembre dans les locaux de l'Organic, la boîte gay de Genève, propriété d'Antoine Macheda. «La société a évolué. Aujourd'hui, les gays ne veulent plus se retrouver dans un lieu ghetto. Il faut de la mixité», poursuit Eric Béguelin, 37 ans, patron du Sex center et du Bikini (théâtre érotique) aux Pâquis.
Les travaux débutent cette semaine. La déco à venir? «Très bling-bling, répondent en choeur Antoine et Eric. Avec de l'or, du noir et du blanc et des bars rouges.» Comme à la Garçonnière du temps où Thierry le Luron et Charles Trenet poussaient la chansonnette, deux spectacles seront agendés chaque soir, à minuit trente et 2 h 30. Au programme: des strip-men, des numéros de transformistes et de travestis. «Des numéros d'imitation aussi, comme Dalida, Tina Turner et Cher. Celui de Lolo Ferrari est particulièrement à tomber!» prévient Eric Béguelin.
Source : "Le Matin" Juillet 2008